Bonjour,

Une entreprise bénéficiaire avec un carnet de commandes rempli peut trébucher à tout moment lorsque sa trésorerie est déficitaire. Factures impayées, dépenses mal hiérarchisées, organisation déficiente : les raisons sont nombreuses pour expliquer un manque de liquidités et un décalage problématique entre décaissements et encaissements. Le suivi de la trésorerie par le DAF ne suffit pas ; tous les acteurs de leur entreprise qui ont un rôle à jouer à condition de les engager à travers la diffusion d’une culture cash.

C’est quoi la culture cash ?
C’est à la fois un état d’esprit et une méthodologie, à mettre en œuvre de manière transversale dans l’entreprise. La culture cash, c’est une politique de prévention des risques de difficulté de la trésorerie. L’idée générale : optimiser les flux de trésorerie, en impliquant l’ensemble des équipes. C’est en effet là que la culture cash se veut disruptive, puisqu’elle consiste à décloisonner l’enjeu de la trésorerie en le partageant au-delà de la fonction finance. La direction générale, les commerciaux, le service des achats ou encore les opérationnels sont invités à œuvrer chacun à leur échelle pour sécuriser l’ensemble des financements de l’entreprise, afin d’alimenter en continu son besoin en fonds de roulement. La culture cash qualifie donc la prise de conscience à tous les étages de l’organisation de l’importance des rentrées d’argent. Elle entend prévenir les problèmes de trésorerie et garantir l’indépendance financière de l’entreprise.

Un enjeu pour toutes les entreprises… et pour tous dans l’entreprise
L’erreur serait de penser que la culture cash est une problématique exclusive aux entreprises en difficulté. Ce n’est pas une mesure d’urgence pour redresser une situation financière périlleuse, mais au contraire une mentalité à insuffler en amont et à adopter au quotidien pour éviter une trésorerie dans le rouge de manière chronique ou ponctuelle. La clé de voûte de cette stratégie de pilotage de la trésorerie est évidemment le DAF, le garant de la bonne santé financière de l’entreprise. La gestion du cash figure d’ailleurs au troisième rang des défis post-crise Covid d’après l’étude annuelle PwC sur les priorités des directions financières pour 2022. Si le DAF en est le chef d’orchestre, chacun peut néanmoins agir dans sa sphère de compétences pour rationaliser les process afin de générer du cash. Le rôle du directeur financier est donc de sensibiliser les autres directions en les invitant à identifier les bons leviers d’amélioration au profit de la trésorerie. Mais surtout en suscitant chez eux la motivation pour s’impliquer dans une démarche collective.

La pression monte sur la trésorerie
Le baromètre ARC/Ifop relatif au recouvrement de créances et aux délais de paiement le rappelle chaque année : la première cause de défaillance des entreprises en France est le retard dans le règlement des factures. Dans un cas sur quatre précisément. Et la parenthèse Covid, qui a tiré vers le bas les statistiques des faillites en raison du « quoi qu’il en coûte » et des prêts garantis par l’État, s’est refermée depuis la fin d’année dernière avec une forte hausse des défaillances au premier trimestre 2022 selon les statistiques de la Banque de France et du cabinet Altares (+35 %). La conjoncture économique, marquée par une forte inflation et une hausse des coûts de l’énergie et des matières premières, tend un peu plus encore la pression sur la trésorerie et renforce la nécessité de développer la culture du cash dans l’entreprise.

Culture cash, mode d’emploi
Mais comment procéder concrètement ? La culture du cash nécessite en premier lieu de maîtriser les différents flux qui alimentent la trésorerie :

  • L’encours client : réduire le DSO en agissant à la fois sur les factures à émettre, les créances clients non échues et échues. C’est possible en améliorant la visibilité de l’encours client et en mettant en place de nouveaux process comme la dématérialisation des factures et la relance automatique en cas de retard.
  • Les risques et performances fournisseurs : fiabiliser les approvisionnements et les processus de production afin d’optimiser le cycle order to cash. Cela passe par une meilleure sélection des fournisseurs et un management plus efficient des équipes pour limiter le risque de retard dans la chaine de production.
  • Le résultat de l’entreprise : sécuriser le niveau d’activité et la marge bénéficiaire en créant des conditions d’une meilleure performance des collaborateurs (recrutement, formation continue, qualité de vie au travail). Tout en veillant au respect de la politique RSE de l’entreprise.
  • L’organisation : renforcer le pilotage de la trésorerie et du BFR par le DAF via une synergie entre les différents services autour de la culture du cash. Partager l’information (reporting des indicateurs cash) et incentiver les différentes directions sont des leviers pour s’assurer de leur engagement.

Aller plus loin pour sécuriser la trésorerie L’optimisation de la trésorerie, ce n’est pas simplement s’assurer que les encaissements arrivent en temps et en heure. D’une manière générale, augmenter les rentrées d’argent et diminuer les sorties concourt à la bonne santé de la trésorerie. Là encore, la culture cash dispose de plusieurs leviers pour maximiser les liquidités :

  • Réduire les dépenses : un état des lieux précis et rigoureux des dépenses permet d’identifier des sources d’économies (locaux, frais généraux, prestataires/fournisseurs) et d’y répondre par des arbitrages ou encore une mise en concurrence accrue.
  • Investir dans des solutions plus efficientes : énergies renouvelables et isolation renforcée des bâtiments, flotte de véhicules hybrides ou électriques, digitalisation des process… L’investissement dans l’innovation permet de réaliser des économies sur le moyen et long terme. Et s’inscrit par la même occasion dans une politique RSE vertueuse.
  • Étaler les paiements : utiliser la totalité de la période accordée par les fournisseurs pour régler les factures, sans dépasser les délais légaux.
  • Échelonner le paiement des créanciers : cette solution amiable évite le surcoût engendré par une procédure contentieuse en cas de difficulté chez le client, maintenir le relationnel et sécuriser le règlement.

La dématérialisation des factures, un levier de la culture cash
Avant de sensibiliser les autres services à la culture cash, le DAF dispose d’une carte dans son jeu au sein de la fonction finance : la facture électronique. Passer d’un processus papier à une facturation dématérialisée permet en effet d’agir à plusieurs niveaux au bénéfice de la trésorerie et du BFR :

  • Un gain de temps : l’édition des factures est plus rapide grâce à l’automatisation, en comparaison à la saisie manuelle. Et leur envoi est immédiat, ce qui réduit le délai de réception et par extension le DSO.
  • Des économies : le temps économisé par les collaborateurs de la fonction finance est réinvesti dans des tâches à plus forte valeur ajoutée, tandis que la e-facture ne nécessite pas de papier, d’encre et de frais d’affranchissement. Son coût est d’environ 5€ d’après GS1 France, contre 8 à 9,50€ pour une facture papier.
  • Une satisfaction client accrue : la facture électronique engendre moins de litiges grâce à la réduction du risque d’erreur de saisie. Elle s’accompagne d’un meilleur service pour le client via le portail fournisseur, avec une traçabilité accrue des factures et un accès facile aux archives. Cette démarche ouvre la voie à la dématérialisation du devis ou encore du bon de commande, et aide des entreprises peu ou pas digitalisées à faire un premier pas en ce sens alors que la facture électronique deviendra obligatoire à partir du 1er juillet 2024.
  • Un meilleur impact environnemental : la dématérialisation des factures répond à une stratégie zéro papier qui figure en bonne place dans une démarche RSE.

La culture cash n’est pas l’apanage de la fonction finance. Tout le monde au sein de l’entreprise a intérêt à optimiser la trésorerie : le dirigeant pour pérenniser son entreprise, les actionnaires pour sécuriser leurs dividendes, les salariés pour préserver leurs emplois, etc. C’est néanmoins au DAF d’impulser la démarche à partir d’une analyse fine des flux de trésorerie, avant de définir un plan d’amélioration en partenariat avec les autres services et la direction générale. Pour montrer l’exemple et prendre sa part dans la conduite du changement, le DAF peut ouvrir la voie avec la mise en place de la dématérialisation des factures, un projet pleinement en phase avec la culture cash.

Martin FEDERSPIL

Martin FEDERSPIL

Assistant chef de produit

Martin est un de nos experts en solutions digitales. Il a notamment sous sa responsabilité la gestion et le développement des solutions de facturation électronique. Il a rejoint la famille Quadient en septembre 2021 en préparant simultanément son Master 2 en marketing. Fort de déjà 4 années d’expériences professionnelles, il a d’abord débuté son parcours au sein de l’entreprise La Poste, sur la partie Courrier/Colis, puis il a par la suite occupé la fonction de chef de produit opérationnel au sein du groupe Jungheinrich en pilotant une équipe de chargés d’affaires. C’est donc le petit nouveau de l’équipe des chefs de produits mais il s’est rapidement doté d’une expertise dans le domaine des solutions digitales en étant à l’écoute de ses clients et avec cette volonté de les accompagner dans leur processus de transformation digitale.

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